STENDHAL IN ETRURIA

di AMDP

C’è un passo molto citato di Stendhal in Toscana, dal suo libro “Roma, Napoli, Firenze”, che grazie anche al web si propaga a macchia d’olio seguendo l’irretente¹ arte del copia e incolla.

Si tratta di una sera con un prete che lo accompagna e gli fa notare la grandezza della civiltà etrusca e la tristezza del suo essere andata distrutta per mano di Roma.

Ho voluto ritradurlo e riportarlo in una versione un po’ più lunga, perché mi dà modo di ricordare che le idee di Stendhal sugli etruschi erano basate sulla lettura di un’opera mastodontica in quattro volumi, – uscita anche in francese a cura di Désiré-Raoul Rochette, seppur con introduzione e note denigratorie nei confronti del suo autore – che era “L’Italia avanti il dominio di Roma” di Giuseppe Micali.

Micali fu accusato di aver costruito ad arte un castello ideologico sulla protostoria d’Italia, che si riteneva un attacco politico a Roma e al bonapartismo (cfr. Heurgon).

In questo passaggio appare anche come negativa la figura di Cosimo I de Medici, che io e gli amici elbani siamo sempre portati a incensare per averci salvati dai pirati e dai reis.
Interessante anche la descrizione di un residuo di mentalità etrusca nel passaggio sui parafulmini.

Bando alle ciance, ecco il brano, prima breve in italiano, e in seguito un po’ più lungo in francese.

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Il giovane prete che mi accompagna racconta che Cosimo I de Medici, quel principe malvagio che spezzò il carattere dei toscani, comprò a tutti i costi, per farle bruciare al volo, le memorie manoscritte e le storie in cui si parlava della sua casa.

Mi mostra da lontano, con l’aiuto di una bella luce lunare, i resti di alcune di queste città dell’Antica Etruria, situate sempre in cima a qualche collina. Sensazioni tranquille di questa bella notte, vento molto caldo. Durante la strada, che si riprende alle due del mattino, la mia immaginazione attraversa lo spazio di ventuno secoli [siamo nel 1826 qui], e faccio questa ridicola confidenza al mio lettore, che mi sento indignato contro i Romani che sono venuti a disturbare, con nessun altro titolo se non un feroce coraggio, quelle repubbliche dell’Etruria, che erano così superiori a loro nelle Belle arti, nelle ricchezze e nell’arte di essere felici. (Etruria, fu conquistata nell’anno 280 a. C., dopo quattrocento anni di ostilità.) È come se venti reggimenti di cosacchi venissero a saccheggiare il boulevard e distruggere Parigi sarebbe una disgrazia anche per gli uomini che nasceranno tra dieci secoli la razza umana e l’arte di essere felici avrebbero fatto un passo indietro.

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Le lecteur ne saurait se figurer les absurdités desquelles nous avons guéri l’Italie. « Par exemple, me dit mon jeune curé, en 1796, c’était encore une impiété, dans ces vallées de l’Apennin, sur lesquelles la foudre se promène deux ou trois fois par mois, de faire placer un paratonnerre sur sa maison; c’était s’opposer à la volonté de Dieu. » (Les méthodistes anglais ont eu la même idée.) Or ce que l’Italien aime le mieux au monde, c’est l’architecture de sa maison. Après la musique, l’architecture est celui des beaux-arts qui remue le plus profondément son cœur. Un Italien s’arrête et passe un quart d’heure devant une belle porte que l’on construit dans une maison nouvelle. Je conçois le comment de cette passion à Vicence, par exemple; la sottise méchante du commandant de place et du commissaire de police autrichiens ne peut détruire les chefs-d’œuvre de Palladio, ne peut empêcher qu’on en parle. C’est à cause de ce goût pour l’architecture que les Italiens qui arrivent à Paris sont si choqués, et que leur admiration pour Londres est si vive « Où trouver au monde, disent-ils, « une rue égale ou comparable à Regent street?

Mon jeune curé me dit que Cosme Ier de Médicis, ce prince funeste qui a brisé le caractère des Toscans, achetait à tout prix, pour les faire brûler à l’instant, les mémoires manuscrits et les histoires où l’on parlait de sa maison.

Il me montre de loin, à l’aide d’un beau clair de lune, les restes de plusieurs de ces villes de l’antique Étrurie, toujours situées au sommet de quelque colline. Sensations paisibles de cette belle nuit, vent très-chaud. Pendant la route, que nous reprenons à deux heures du matin, mon imagination franchit l’espace de vingt et un siècles, et, je fais à mon lecteur cet aveu ridicule, je me sens indigné contre les Romains qui vinrent troubler, sans autre titre que le courage féroce, ces républiques d’Etrurie, qui leur étaient si supérieures par les beaux-arts, par les richesses et par l’art d’être heureux. (L’Étrurie, conquise l’an 280 avant JésusChrist, après quatre cents années d’hostilités.) C’est comme si vingt régiments de Cosaques venaient saccager le boulevard et détruire Paris ce serait un malheur même pour les hommes qui naîtront dans dix siècles le genre humain et l’art d’être heureux auraient fait un pas en arrière. Hier soir, à notre auberge du Lion d’Argent, en soupant avec sept ou huit voyageursarrivés de Florence, nous avons été l’objet de trois ou quatre traits de la politesse la plus exquise. Pour compléter les agréments de la soirée, nous sommes servis à table par deux jeunes filles d’une rare beauté, l’une blonde et l’autre brune piquante ce sont les filles du maître de la maison. On dirait que le Bronzino a dessiné d’après elles ses figures de femmes, dans son fameux tableau des Limbes 1, si méprisé des élèves de David, mais qui me plaît beaucoup, comme éminemment toscan. En Italie, une ville est fière de ses jolies femmes comme de ses grands poëtes. Nos convives, après avoir admiré les traits si nobles de nos jeunes paysannes, entament une vive discussion sur les beautés de Milan comparées à celles de Florence. « Que pouvez-vous préférer, 1. Alors à Santa Croce, et transporté depuis à la galerie de Florence, comme peu décent dans une église. Les prêtres ont eu raison cependant ce tableau ne scandalisait personne depuis deux siècles qu’il était à Santa Croce. Les convenances fout des progrès source d’ennui.

disait un Florentin, à mesdames Pazz*, Cors*, Nenci*, Mozz* ? Madame Centol* doit l’emporter sur tout s’écriait un Napolitain. Madame Florenz* est peut-être plus belle que madame Agost* », disait un Bolonais. Je ne sais pourquoi il me semble peu délicat d’écrire en français le reste de cette conversation. Rien n’était pourtant plus décent que nos discours nous parlions comme des sculpteurs. Pendant tout le souper, nous avons été en plaisanterie suivie avec les jolies filles qui nous servaient et chose singulière en un tel lieu, jamais il n’y a eu la plus petite approche vers des idées trop libres. Elles ont souvent répondu aux agaceries des voyageurs par de vieux proverbes florentins ou par des vers. Les filles d’un aubergiste à son aise sont beaucoup moins séparées de la société ici qu’en France personne en Italie n’a jamais songé à copier les manières d’une cour brillante. Quand Ferdinand III parait au milieu de ses sujets, il ne produit d’autre effet que celui d’un particulier fort riche, et par là peut-être très-heureux. On juge librement son degré de bonheur, la beauté de sa femme, etc. Il n’entre dans la tête de personne d’imiter ses manières.

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nota 1 – irretente, nel senso originario, significa “mettere in rete”, pescare con la rete, volendo, per estensione anche “fare (in un certo senso) abboccare”. Poi prende il senso che tutti conosciamo.

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